
« À la suite de l’annonce de notre volonté d’évaluer le retrait de Saint-Augustin-de-Desmaures du RTC, le spectre d’une double facturation a rapidement été brandi. Certains ont laissé entendre que nos citoyens pourraient éventuellement devoir payer deux laissez-passer, que ça coûterait « ben cher » et que le salut résiderait dans le statu quo, avec le RTC.
Soyons sérieux. Il n’est évidemment aucunement dans notre intention de faire payer davantage les Augustinois. Nous ferons en sorte que ce ne soit pas le résultat de notre démarche.
Saint-Augustin-de-Desmaures verse actuellement plus de 9 M$ par année au RTC. Nous considérons tout à fait réaliste qu’un service conçu spécifiquement pour une ville de 21 000 habitants puisse coûter moins cher, tout en offrant un meilleur service.
Parmi les scénarios que nous entendons sérieusement considérer figure donc la gratuité de notre futur service local de transport collectif pour les résidents de Saint-Augustin-de-Desmaures.
La gratuité n’est toutefois pas une fin en soi. L’objectif demeure l’efficience. Si un nouveau modèle permet d’offrir un meilleur service pour moins que les 9 M$ versés annuellement au RTC, la gratuité pourrait devenir une utilisation parfaitement rationnelle d’une partie de cette marge de manœuvre. Elle sera donc chiffrée et analysée sérieusement.
Si les analyses devaient démontrer que la gratuité complète n’est pas possible, nous ferons en sorte que le nouveau modèle n’entraîne aucune augmentation du coût du transport collectif pour nos usagers.
C’est une recette que nous appliquons déjà. L’efficience n’est pas une théorie ou une nouveauté à Saint-Augustin-de-Desmaures. Notre déneigement en constitue probablement l’exemple le plus frappant. Selon le récent sondage réalisé chez nous par Léger, 99 % de nos citoyens s’en disent satisfaits ou très satisfaits. Vous avez bien lu : 99 %.
Pourquoi obtenons-nous un tel résultat pour un service aussi sensible et exigeant?
Parce que nous ne nous employons pas constamment à expliquer que le déneigement est complexe ou à justifier pourquoi le réseau est encore dans un état lamentable cinq jours après une chute de neige ou un épisode de verglas. Ben non. Notre rôle est de déneiger. Alors on déneige. Vite, bien, sur-le-champ, toujours.
On ne va pas voir ailleurs sur la planète comment ils font et on ne tente pas de réinventer le déneigement. On déneige. Point. Nous en faisons une priorité. Nous définissons le niveau de service attendu, nous analysons les besoins, nous simplifions les opérations autant que possible et nous agissons. Et nous ne lésinons pas sur la qualité du service à livrer. Jamais.
Il y aura toujours de grands spécialistes pour exposer la complexité d’une opération. À force d’empiler les savantes théories, les contraintes, les structures, les systèmes et les processus, on finit par rendre complexe ce qui est pourtant fort simple.
Notre approche : prioriser, analyser, simplifier et agir. Pas de discours ou de posture. Pas de rêve. On agit. Dans l’ordre. L’efficience. La base.
Le transport collectif est évidemment une autre activité. Cette fois, il ne s’agit pas de déplacer de la neige, mais des gens. L’opération de gestion demeure fondamentalement la même : déterminer le service dont les citoyens ont besoin, l’organiser efficacement, y consacrer les ressources nécessaires et le livrer. Point.
C’est cette recette de gestion de projet qui guidera notre réflexion sur le transport collectif. Un service de qualité, simple, efficient et conçu pour être attractif. Sans lourdeur administrative inutile. Du transport. Comme du déneigement.
Nous considérons très réaliste de pouvoir faire mieux pour moins cher. Plutôt que de multiplier les raisons pour lesquelles ce serait trop complexe, nous avons minimalement le devoir de l’analyser sérieusement.
Nous avons fait ce genre d’exercice il y a dix ans devant la situation financière et de gestion catastrophiques de notre Ville. Aujourd’hui : taux de satisfaction de 96 %, première place à l’indice du bonheur Léger dans la grande région de la Capitale, dette entièrement éliminée en 2027, taux de taxation parmi les plus bas de la grande région selon les catégories, taxes baissées de 8 % en 2022 et gelées depuis. Les tarifs aussi.
Je suis allé en politique pour régler des problèmes. J’ai réalisé ce que j’avais annoncé il y a dix ans pour notre Ville. Nous avons pris les moyens, tassé le bois mort et nous nous sommes entourés des bonnes personnes : des gens forts et compétents. Du rationnel, de la méthode et des résultats.
Aujourd’hui, nous avons un problème de transport collectif.
Même approche. On va le régler.
Sylvain Juneau
Maire de la Ville de Saint-Augustin-de-Desmaures »


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