Un passage spectaculaire vers le fleuve

Transcription de l’article

Source: Journal Local Cap-Rouge / Saint-Augustin-de-Desmaures – Octobre 2026 – Page 3

L’escalier du parc de la Falaise enfin ouvert!

(CR) Il aura fallu de la patience et beaucoup de travail, mais l’attente est maintenant récompensée. L’escalier du parc de la Falaise est officiellement ouvert, créant un nouveau lien entre la rue Pierre-Couture et le parc des Hauts-Fonds, sur le Chemin du Roy. Avec ses quelque 250 marches, ses paliers et son belvédère suspendu au-dessus de la falaise, l’aménagement donne accès à un point de vue saisissant sur le Saint-Laurent.

Le maire de Saint-Augustin-de-Desmaures, Sylvain Juneau, et le conseiller municipal du district 3, Yannick LeBrasseur, ne cachent pas leur fierté devant le résultat. L’imposante structure est faite de sapin Douglas usiné et traité pour résister aux intempéries. Des clôtures, des filets et des garde-corps bordent le parcours afin de sécuriser les promeneurs, tandis que les vis et les éléments métalliques en acier inoxydable ont été choisis pour assurer la durabilité de l’ensemble.

Cette nouvelle voie de mobilité active relie le haut et le bas de la ville. Pour Sylvain Juneau, elle change considérablement la manière de rejoindre le secteur riverain. Auparavant, plusieurs citoyens devaient prendre leur voiture ou leur vélo pour se rendre au parc des Hauts-Fonds. Une grande partie de la population peut maintenant y aller à pied.

« Ça représente grosso modo la moitié de la ville », souligne le maire en faisant référence aux résidents du village et des Bocages. Ces derniers peuvent désormais chausser leurs espadrilles et gagner le Chemin du Roy sans passer par la case stationnement.

Un projet qui revient de loin

L’ouverture de l’escalier marque l’aboutissement d’une idée qui mijotait depuis longtemps. Les premières démarches remontent à 2010, alors qu’une étude avait été demandée par la Fondation québécoise pour la protection du patrimoine naturel. Le projet a ensuite été rangé dans les cartons avant de refaire surface après l’arrivée du conseil municipal élu en 2017.

Le promontoire était déjà bien connu des résidents. Des sentiers informels y avaient été tracés et des cordes installées par des usagers pour faciliter certains passages dans la falaise. Le panorama était aussi abondamment photographié et partagé dans les réseaux sociaux. Il restait à rendre ce petit trésor naturel accessible sans compromettre la sécurité des visiteurs.

Le conseiller Jean Simard a contribué à faire avancer la réflexion en insistant sur l’importance de rapprocher les Augustinois du Saint-Laurent. Puisque plusieurs terrains bordant le Chemin du Roy sont privés, les accès publics au fleuve demeurent limités.

Sylvain Juneau résume cette vision en quelques mots : « Il y a l’accès avec nos pieds, mais il y a l’accès avec les yeux. » Même sans atteindre directement la rive, les promeneurs peuvent maintenant s’arrêter au belvédère et embrasser pleinement le paysage.

Le projet s’inscrit dans la continuité des améliorations apportées au parc des Hauts-Fonds, dont la remise en état de ponts et de passerelles, la stabilisation de la rive et l’aménagement d’une tourelle d’observation. L’escalier et le belvédère complètent maintenant ce parcours en reliant le quartier résidentiel au secteur riverain.

Un chantier taillé sur mesure

Les travaux ont commencé en mai 2025 et devaient être terminés plus rapidement. Des difficultés d’approvisionnement et la fabrication de pièces sur mesure ont toutefois prolongé le chantier. Construire un escalier dans une falaise tout en composant avec les particularités du terrain n’avait rien d’une mince affaire.

« Malgré les délais, on est très satisfaits du résultat », affirme Yannick LeBrasseur. L’escalier, ses paliers et ses dispositifs de sécurité ont dû être adaptés à la topographie de la falaise. Une construction largement faite sur mesure, avec des matériaux choisis pour traverser les années sans perdre pied.

L’entreprise Relief Constructeur de paysages a obtenu le contrat de construction. Le projet représente un investissement d’environ 1,35 million de dollars. Une aide financière de 168 300 $ a été accordée par la Communauté métropolitaine de Québec dans le cadre du Programme d’aide financière pour la réalisation et la mise en valeur de la trame verte et bleue métropolitaine.

La population a aussi mis l’épaule à la roue. Lors d’une consultation en ligne, des centaines de personnes avaient manifesté leur désir de voir naître un aménagement donnant accès à la nature, au fleuve et aux paysages du secteur. Cet appui a contribué à soutenir la demande de financement.

La nature garde le premier rôle

Aussi spectaculaire soit-il, l’escalier ne devait pas voler la vedette à son environnement. Une attention particulière a été accordée au tracé afin de protéger les petits milieux humides, les arbustes et les plantes susceptibles de se trouver sur le site.

La présence possible de la gentiane de Victorin figurait parmi les préoccupations. Cette plante menacée pousse dans le secteur du parc des Hauts-Fonds, où le milieu riverain abrite plusieurs espèces sensibles.

Les arbres en bonne santé ont été conservés, même lorsqu’ils dissimulent une partie du panorama. Les frênes malades présentant un risque pour les promeneurs sont abattus et remplacés. Lorsque la sécurité le permet, certains arbres morts demeurent au sol pour se décomposer naturellement et contribuer à la régénération de la forêt.

Le site n’a pas été pensé pour accueillir des modules de jeux ou de grands rassemblements. Il doit demeurer un endroit où l’on vient marcher, respirer, observer et ralentir un peu.

« C’est vraiment un lieu de tranquillité dans la nature ; c’est ce qui a été recherché », insiste Yannick LeBrasseur. Les sportifs risquent tout de même d’y voir un intéressant terrain d’entraînement. Avec environ 250 marches à gravir, les jambes seront sollicitées et le souffle, mis à l’épreuve.

Des feux clignotants seront par ailleurs installés afin de sécuriser la traversée du Chemin du Roy vers le parc des Hauts-Fonds, où la vitesse permise est de 50 km/h. La Ville a obtenu une aide financière du ministère des Transports pour cet ajout.

Après plus de 15 ans de réflexion, de démarches et de travaux, l’escalier du parc de la Falaise accueille enfin ses premiers marcheurs. La montée demande un certain effort, certes, mais au sommet, le fleuve se charge joliment de faire oublier les 250 marches.

Source: Journal Local Cap-Rouge / Saint-Augustin-de-Desmaures – Octobre 2026 – Page 3

Des gestes vraiment désolants au jardin communautaire

Des personnes se sont récemment introduites sur le site et ont arraché plusieurs récoltes, avant de les lancer un peu partout, notamment sur les équipements.

Pour les jardiniers concernés, ce sont des mois d’efforts qui se retrouvent ainsi gâchés. Chacun investit du temps, de l’argent et beaucoup d’énergie dans sa parcelle tout au long de l’été. Voir le résultat de ce travail détruit de cette façon est évidemment très décevant.

À la suite de l’incident, certains usagers souhaitent que des moyens supplémentaires soient mis en place pour mieux protéger les lieux. Gardons en tête que chaque nouvelle mesure entraîne des dépenses qui sont, au bout du compte, assumées collectivement par tous les contribuables augustinois.

Avant d’en arriver là, la sensibilisation peut certainement jouer un rôle important. Une simple discussion avec nos proches, sur le respect des lieux publics, du bien d’autrui et des efforts qui se cachent derrière ce type d’aménagement peut faire une réelle différence.

Le jardin communautaire est un bel espace de rencontre et de partage. Prenons-en soin ensemble afin que tous puissent continuer d’en profiter.

CPE Couri-Courette : La Ville demande le respect des engagements pour les familles augustinoises

Une nouvelle installation de 99 places subventionnées ouvrira prochainement sur la rue Saint-Félix. C’est une excellente nouvelle pour les familles de Saint-Augustin-de-Desmaures.

Mais un enjeu important doit maintenant être réglé.

Voici l’essentiel:

  • 99 nouvelles places seront créées dans la nouvelle installation du CPE Couri-Courette.
  • Pour permettre la réalisation du projet, la Ville a cédé gratuitement en 2024 un terrain municipal évalué à plus de 750 000 $.
  • Selon les ententes ayant mené à cette cession, les enfants de Saint-Augustin-de-Desmaures devaient être priorisés pour l’attribution des places.
  • Le CPE a récemment informé la Ville que cette priorité ne pourrait plus être appliquée tel qu’entendu, notamment en raison de nouvelles règles du ministère de la Famille.
  • La Ville demande donc que les engagements pris avant ces changements soient reconnus et respectés, dans le cadre des lois en vigueur.
  • Le CPE n’appuie pas la demande de la Ville.
  • Des démarches ont été entreprises afin de faire reconnaître les droits liés à la cession du terrain.

L’objectif demeure simple : trouver une solution rapidement pour permettre l’ouverture du CPE et faire en sorte que cet investissement important de notre collectivité bénéficie aux familles pour lesquelles il avait été prévu.

Pour plus de détails, consultez le communiqué de la Ville en cliquant sur ce lien.


Textes du maire Sylvain Juneau

Une question de respect

Une question de respect – suite


Articles publiés dans les médias sur le sujet

Saint-Augustin-de-Desmaures poursuit un CPE (Radio-Canada)

«On fait rire de nous autres»: litige entre Saint-Augustin et un CPE (Le Soleil)

Merci Madame Geneviève Guilbault !

Lors de la dernière séance, le Conseil a adopté une résolution afin de souligner les neuf années de Madame Geneviève Guilbault à titre de députée de Louis-Hébert et de la remercier pour sa contribution à Saint-Augustin-de-Desmaures.

Malgré les importantes responsabilités ministérielles qu’elle a assumées au fil des ans, Madame Guilbault est demeurée très présente, disponible et à l’écoute de notre communauté.

Elle a également accompagné la Ville dans de nombreux projets, notamment en appuyant nos démarches auprès du gouvernement du Québec et en faisant cheminer nos demandes d’aide financière auprès des ministères concernés.

Les retombées sont bien concrètes : plus de 22 M$ en aides financières provinciales ont été accordées à la Ville au cours des neuf dernières années.

Parmi celles-ci :

  • 8,5 M$ – Agrandissement et mise à niveau du garage municipal et de l’hôtel de ville
  • 3,25 M$ – Centre communautaire des Campus
  • 3,2 M$ – Piste cyclable du chemin de la Butte
  • 2,7 M$ – Réfection du chemin Notre-Dame et du chemin du Roy
  • 2 M$ – Réaménagement de l’intersection de la route 138
  • 0,75 M$ – Réfection de la rue Pierre-Georges-Roy
  • 1,1 M$ – Projets en sécurité routière et déplacements actifs
  • 0,45 M$ – Réfection de la toiture de la bibliothèque
  • 0,18 M$ – Voirie locale
  • 0,16 M$ – Bibliobus
  • 0,1 M$ – Acquisition de documents à la bibliothèque

Merci, Madame Geneviève Guilbault, pour ces neuf années de collaboration soutenue avec notre Ville et bonne continuation dans vos projets futurs.

Un paysage qui raconte plus de 350 ans d’histoire

Du nouveau belvédère du parc de la Falaise, on ne contemple pas seulement une magnifique vue sur le fleuve. On regarde aussi un paysage qui raconte plus de 350 ans d’histoire.

En 1647, la seigneurie de Maur est concédée à Jean Juchereau, sieur de Maur. Les premiers habitants permanents viennent s’y établir dans les années 1660, alors que le fleuve Saint-Laurent constitue la principale voie de communication.

Peu à peu, les terres sont concédées en longues bandes donnant accès au fleuve. Ce découpage seigneurial façonnera profondément le paysage du Chemin du Roy et des rangs, qui en porte encore aujourd’hui la trace.

À la fin du XVIIe siècle, plus d’une trentaine de familles vivent déjà sur les rives du fleuve.

Un peu plus à l’est, à l’Anse-à-Maheu (au bas de la côte Gagnon), prendra forme le premier véritable noyau villageois de Saint-Augustin. Un presbytère y est construit en 1698, puis une église de pierre entre 1719 et 1723. Ce secteur demeurera au cœur de la vie paroissiale pendant près d’un siècle, avant le déplacement progressif du village vers l’église actuelle, ouverte au culte en 1816.

Le Chemin du Roy, au pied de la Falaise, demeure l’un des grands témoins de cette époque. Certaines familles y ont laissé une trace particulièrement durable, dont la famille Racette, présente dans le secteur depuis la fin du XVIIe siècle.

Fait intéressant : dès 2007, une étude sur les paysages du chemin du Roy mettait déjà en valeur la richesse de cette falaise et l’intérêt de rendre accessibles ses points de vue sur le fleuve. Près de vingt ans plus tard, le nouveau belvédère permet justement de redécouvrir ce panorama exceptionnel.

Le nouvel escalier qui relie le parc de la Falaise au Chemin du Roy et au parc des Hauts-Fonds est alors un lien entre nos quartiers d’aujourd’hui… et les lieux où Saint-Augustin a pris racine.

Cette vue n’est donc pas seulement belle.
Elle est une fenêtre ouverte sur les origines augustinoises.

Pour approfondir, je vous invite à visionner le documentaire « Là où tout a commencé – Saint-Augustin-de-Desmaures » produit par la Société d’histoire de Saint-Augustin-de-Desmaures.

Visionnez ici.

Sources:
Société d’histoire de Saint-Augustin-de-Desmaures
Fondation québécoise pour la protection du patrimoine naturel
Ville de Saint-Augustin-de-Desmaures

L’escalier du parc de la Falaise est officiellement ouvert !

Ce magnifique projet se concrétise enfin et nous pouvons collectivement en être très fiers.

Faites la découverte des nouveaux aménagements conçus pour vous offrir un accès privilégié à la nature :

  • Nouveau sentier & escalier* : Un parcours pédestre liant le chemin du Roy (en face du parc des Hauts-Fonds) jusqu’au sommet de la falaise.
  • Aire de repos & belvédère : Une halte parfaite sur le promontoire naturel pour admirer le paysage.
  • Sentier de la rivière du Chapeau : Un chemin aménagé menant jusqu’à la rue Pierre-Couture.
  • Verdissement & revitalisation : L’abattage des arbres malades (particulièrement les frênes) est actuellement en cours. De nouveaux arbres et végétaux seront plantés dès cet automne pour enrichir le couvert végétal.
  • Respect de notre environnement : Tout au long des travaux, une attention rigoureuse a été portée afin de minimiser les impacts écologiques, protéger les zones humides et préserver les espèces végétales menacées.

Enfilez vos chaussures de marche et profitez de votre tout nouveau parc dès aujourd’hui.

*250 marches.

Frais juridiques liés au litige avec l’agglomération : Un texte de notre maire, Sylvain Juneau, qui mérite d’être lu jusqu’au bout

Au cœur du sujet : les frais juridiques engagés dans le litige avec l’agglomération et l’idée, répétée depuis des années, que Saint-Augustin-de-Desmaures aurait bénéficié des démarches de L’Ancienne-Lorette sans assumer sa part des coûts.

Au-delà des perceptions et des tensions qui peuvent exister, je crois qu’il est important de revenir aux faits:

  • Saint-Augustin-de-Desmaures n’a jamais refusé de payer sa part des frais juridiques.
  • Les deux villes avaient leurs propres procureurs, leurs propres stratégies et leurs propres dépenses.
  • Saint-Augustin a assumé environ 1,3 M$ en frais liés au litige.
  • L’Ancienne-Lorette a choisi de consacrer des sommes beaucoup plus importantes à ses propres démarches.
  • On ne peut pas décider seul de ses dépenses et ensuite demander au voisin d’en payer une partie.
  • En 2020, Émile Loranger lui-même, alors maire de L’Ancienne-Lorette, a reconnu publiquement qu’il n’y avait pas lieu de réclamer ces sommes à Saint-Augustin.

Je vous invite simplement à lire ou à écouter les propos de M. Loranger et à vous faire votre propre opinion. La transparence et les faits demeurent toujours la meilleure façon de rétablir les choses.


Texte de Sylvain Juneau, Maire de la Ville de Saint-Augustin-de-Desmaures

« On peut tromper une partie du peuple tout le temps et tout le peuple une partie du temps, mais on ne peut pas tromper tout le peuple tout le temps. » — Abraham Lincoln

Mes récentes publications concernant la mobilité dans la grande région ont suscité des réactions particulièrement vives et amères chez certains citoyens de l’autre ville liée de l’agglomération. Certains commentaires sont négatifs, voire agressifs, à l’endroit de Saint-Augustin-de-Desmaures et de son maire.

Sans les cautionner, on peut les comprendre.

Depuis des années, on leur répète que Saint-Augustin-de-Desmaures aurait profité des recours judiciaires contre la Ville de Québec sans assumer sa part des coûts. Qu’ils auraient payé pour nous. Que nous aurions récolté des dizaines de millions de dollars grâce à leurs démarches, sans en assumer la facture.

On est même allé jusqu’à qualifier publiquement le maire de Saint-Augustin-de-Desmaures de « passager clandestin », laissant entendre que nous récoltions continuellement les bénéfices d’un combat financé par les autres.

Comment s’étonner ensuite que certains citoyens éprouvent de la rancœur envers Saint-Augustin-de-Desmaures?

On la leur a nourrie.

À force d’être répété, un tel récit, même faux, finit par s’installer.

Les Augustinois connaissent trop bien cette mécanique.

Avant mon arrivée à la mairie, il y a plus de dix ans, le clan Corriveau leur répétait inlassablement que les graves problèmes financiers de Saint-Augustin-de-Desmaures étaient entièrement attribuables à l’agglomération et à la Ville de Québec.

La méchante agglomération expliquait tout.

La faute à l’agglo.

C’était simple. C’était commode. Et surtout, cela évitait de regarder chez nous.

En 2015, lorsque nous avons ouvert les livres, analysé les finances et entrepris le redressement financier et administratif de la Ville, les faits ont progressivement raconté une tout autre histoire. À ma demande, le MAMH a enquêté. Il en est ressorti, en 2018, un rapport accablant.

Les Augustinois ont alors découvert qu’ils avaient été bernés par leurs élus.

Problèmes d’agglomération, certes. Mais surtout et principalement des problèmes internes : manque d’intégrité, fling-flangs, non-respect des règles et de la loi, mauvaises pratiques.

Les élus leur avaient menti. Et pas qu’un peu.

Je ne peux conséquemment tenir rigueur aux citoyens de la ville liée voisine qui ont cru, et croient toujours, ce qu’on leur a martelé au cours des dernières années. Les Augustinois ont eux-mêmes été nombreux à croire pendant des années le récit que le clan Corriveau leur présentait.

Moi inclus, avant 2015.

Les citoyens doivent pouvoir présumer que l’information qui leur est transmise par ceux qui les représentent et les gouvernent est complète et exacte.

C’est la moindre des choses.

Et c’est précisément là que se trouve le problème dont il est ici question.

Dans le dossier des frais judiciaires liés au litige avec l’agglomération, ce qu’on raconte depuis des années au sujet de Saint-Augustin-de-Desmaures ne correspond tout simplement pas aux faits.

Et plutôt que de vous demander de me croire, je vais laisser parler quelqu’un qui, les faits, les connaissait intimement.

Émile Loranger.

Il a été maire de L’Ancienne-Lorette pendant 37 ans. Il était au cœur de cette bataille depuis ses origines et connaissait ce dossier probablement mieux que quiconque.

Nous avons eu nos différends, M. Loranger et moi. Nombreux. C’est connu.

Cela dit, je lui reconnaissais et lui reconnais toujours certaines qualités fondamentales et essentielles chez un politicien. Trente-sept années consacrées à sa ville, élu mandat après mandat, ça parle.

On ne s’inscrit pas ainsi dans la durée en mentant à ses citoyens.

Émile Loranger disait ce qu’il pensait, pensait ce qu’il disait et avait les couilles de corriger le tir publiquement lorsqu’il jugeait s’être trompé.

Avec lui, pas de tartufferie comme on en voit chez nombre de politiciens en poste pour les mauvaises raisons.

Fin février 2020, nous avons eu une longue discussion, notamment au sujet de ce dossier et, plus particulièrement, de ce qui se disait alors concernant Saint-Augustin-de-Desmaures et sa responsabilité financière dans le litige. Notamment au sein de son conseil et dans les déclarations publiques d’un conseiller indépendant de l’époque.

Une discussion franche et claire, comme nous savions en avoir.

Un interlocuteur valable, droit et… aussi entêté que moi!

Je lui ai expressément demandé de donner l’heure juste à ses citoyens et de corriger les faussetés répandues, notamment, par l’un de ses conseillers.

L’indépendant de l’époque, qui a aujourd’hui pris du galon chez nos voisins.

Peu de temps après, en mars 2020, Émile Loranger a enregistré la vidéo que je republie aujourd’hui, destinée à ses citoyens, comme il en a fait de nombreuses.

Quelques semaines plus tard, en avril, il décédait.

Cette capsule constitue donc l’une de ses dernières prises de parole publiques sur un dossier qu’il avait porté pendant des années.

Ce qu’il y explique est limpide.

Il clarifie la situation et on comprend d’où et de qui vient l’esbroufe perpétuée depuis.

Si Émile Loranger était toujours des nôtres, il aurait réglé ça rapidement.

La vie en a décidé autrement.

Dans la vidéo, il explique qu’« un membre de son conseil » avait fait une proposition qu’il qualifie, avec une ironie difficile à manquer, de « brillante » : faire payer à Saint-Augustin-de-Desmaures une partie des dépenses engagées par L’Ancienne-Lorette.

Il reconnaît avoir initialement appuyé cette idée. Puis avoir pris le temps d’y réfléchir et de vérifier.

Et il a fait ce que tous les élus devraient être capables de faire : reconnaître publiquement une erreur.

Ses mots :
« Je vous avoue que je n’ai pas été très prudent. J’ai appuyé ça sans y réfléchir. »

Puis :
« Moi, ça ne me dérange pas d’admettre mes erreurs. J’ai fait une erreur cette fois-là et je ne corrigerai pas une erreur en faisant d’autres. Ça, c’est souvent le défaut qu’ont les politiciens. »

Sa conclusion concernant Saint-Augustin-de-Desmaures est tout aussi claire :
« Il n’y a pas lieu maintenant d’aller en réclamer quoi que ce soit à Saint-Augustin. »

Voilà les faits.

Que les faits.

Exposés par celui qui a dirigé la Ville voisine pendant 37 ans et dont on peut être certains qu’il maîtrisait totalement le dossier, qu’il n’était manipulé par personne et en était encore moins le laquais.

Saint-Augustin-de-Desmaures n’a jamais refusé de payer sa « juste part » à la ville voisine.

Cette prétendue part n’existait tout simplement pas.

Il n’y avait pas de facture commune. Chaque ville avait ses procureurs et prenait ses propres décisions.

Les dirigeants de la ville voisine ont choisi d’engager des dépenses considérables, voire astronomiques, dans la conduite de leurs recours. Saint-Augustin-de-Desmaures a choisi de contrôler les siennes et les a assumées.

Près de 1,3 M$ pour Saint-Augustin-de-Desmaures en frais juridiques pour un litige, c’est déjà ahurissant.

Près de 15 M$ en frais d’experts juridiques et comptables, selon les chiffres avancés publiquement par la Ville voisine?

J’ai mon opinion là-dessus.

Je vous laisse vous faire la vôtre…

Mais une chose ne relève pas de l’opinion : avoir choisi de dépenser près de douze fois plus que son voisin pour des honoraires divers ne crée aucune obligation pour ce voisin de payer une partie de votre facture.

Prenons un exemple tout simple.

Votre voisin doit régler un problème de drainage majeur sur sa propriété. Vous avez un problème semblable chez vous. Vous faites réaliser vos travaux pour 20 000 $, et cela suffit à régler le problème. Le voisin, lui, choisit, de son côté et sans vous consulter, une solution beaucoup plus élaborée qui lui coûte 240 000 $.

Son installation, par la force des choses, améliore aussi, indirectement, le drainage de votre terrain. Vous en « bénéficiez » donc.

Peut-il arriver chez vous, une fois les travaux terminés, et vous réclamer plus de la moitié des 240 000 $ dilapidés sous prétexte que vous en avez bénéficié? Évidemment que non.

Vous n’avez ni décidé de ses travaux, ni choisi ses entrepreneurs, ni négocié les prix, ni autorisé ses dépenses. Encore moins choisi le design de son installation surdimensionnée.

Son choix. Ses dépenses. Sa facture. Sa responsabilité.

On ne peut pas décider seul de ses dépenses et, après coup, transformer la facture en obligation pour les autres.

Pourtant, des années plus tard, on continue à présenter Saint-Augustin-de-Desmaures aux citoyens de la ville voisine comme une organisation qui aurait profité du travail et de l’argent des autres sans assumer ses responsabilités.

Déformer aujourd’hui les faits de ce dossier, c’est trahir ce qu’Émile Loranger avait lui-même pris soin de rectifier publiquement avant de nous quitter. C’est trahir sa mémoire.

Tenter de faire porter à ses voisins la responsabilité de dépenses qu’ils n’ont ni décidées ni autorisées (ce que nous n’aurions clairement pas fait), c’est trahir le devoir de rigueur qui accompagne la fonction d’élu.

Mais surtout, entretenir auprès de ses propres citoyens un récit qui ne résiste pas aux faits, c’est trahir quelque chose d’encore plus précieux : leur confiance.

Du « stuff » de Corriveau.

Je sais de quoi je parle.

J’ai hérité d’un pareil merdier il y a dix ans chez nous.

Ça lève le cœur.

Je ne reprocherai donc pas aux résidents de la ville voisine leur colère ou leur rancœur envers Saint-Augustin-de-Desmaures et son maire lorsqu’elles reposent sur ce qu’on leur a raconté. Ni même leurs commentaires, aussi virulents soient-ils et même lorsqu’ils n’ont à peu près aucun lien avec le sujet discuté — comme une simple proposition de remettre à l’étude le prolongement de l’autoroute 40.

Quand une colère est alimentée pendant des années par une histoire qu’on vous présente comme vraie, elle finit nécessairement par s’installer. Et lorsque personne ne vous donne les éléments permettant de savoir que cette histoire ne tient pas, vous n’avez aucune raison de remettre votre colère en question.

Elle n’en devient pas justifiée pour autant. Mais ceux qui l’éprouvent peuvent sincèrement croire qu’elle l’est.

Et lorsqu’on croit depuis des années avoir été lésé, floué ou avoir payé pour le voisin, on finit parfois par frapper sans trop regarder sur quoi on frappe. Même lorsqu’un sujet n’a pratiquement rien à voir avec ce qui nourrit cette rancœur.

C’est précisément pourquoi les faits comptent.

Je leur demande simplement aujourd’hui d’écouter.

Pas ma version.

Celle d’Émile Loranger.

Écoutez celui qui a dirigé votre Ville pendant 37 ans.

Écoutez ce qu’il avait lui-même choisi de rectifier et préciser publiquement.

Et faites-vous votre propre opinion.

Lien vers la vidéo intégrale d’Émile Loranger

Lien vers la transcription intégrale de l’audio de la vidéo

Les Augustinois connaissent cette mécanique. De la « bullshit ».

Il y a dix ans, on leur expliquait que tous nos problèmes venaient d’ailleurs. De Québec. De l’agglomération.

Puis nous avons ouvert les livres.

La suite est connue.

Je crois que ce qui est arrivé à nos voisins mérite de créer l’expression : Depuis le départ d’Émile Loranger, vous vous « faites passer un Corriveau ».

Une administration municipale se juge beaucoup moins à ce qu’elle raconte qu’à ce qu’elle laisse derrière elle : des décisions, des comptes et des résultats.

C’est exactement pour cette raison que le dossier que je viens d’exposer est préoccupant bien au-delà de la seule question des frais judiciaires et de l’esbroufe l’entourant.

Lorsqu’on découvre qu’un récit répété pendant des années ne résiste pas à l’examen des faits, il devient parfaitement légitime de s’interroger sur les autres. Voire de s’y intéresser de plus près.

Mais ce sera pour une autre fois.

Pour aujourd’hui, restons-en à ce qui est démontré ici.

Pendant des années, on a nourri chez certains l’idée que Saint-Augustin-de-Desmaures avait profité de leur argent sans assumer sa part.

C’était faux.

Émile Loranger l’avait lui-même rectifié publiquement en 2020.

Ses citoyens méritaient de le savoir.

Ils méritent encore de le savoir aujourd’hui.

« Le mensonge peut faire des années de route, la vérité finit par le rattraper en une journée. » — Proverbe africain, popularisé par Boucar Diouf.

Sylvain Juneau, Maire de la Ville de Saint-Augustin-de-Desmaures

Source: Page Facebook – Sylvain Juneau Candidat élu à la mairie VSAD

Travaux sur la rue Béchard

La rue Béchard a fait l’objet de plusieurs interventions cet été : pavage, mise aux normes des bornes d’incendie et réfection des bordures.

Le trottoir a aussi été prolongé entre la rue du Collège et la route 138 afin de rendre les déplacements plus sécuritaires.

« Rêver la ville de demain ? Non. Gérer la ville d’aujourd’hui »

« Depuis quelques jours, notre volonté d’examiner sérieusement la possibilité pour Saint-Augustin-de-Desmaures de quitter le Réseau de transport de la Capitale fait beaucoup réagir.

Avant d’aller plus loin, une chose doit être très claire.

Un maire qui fait cavalier seul ne fait rien. Du moins rien de bon. On le constate dans certaines villes.

J’ai le privilège de travailler avec des membres du conseil municipal engagés et une administration compétente. Des gens forts qui n’ont pas peur de dire ce qu’ils pensent et d’en débattre. C’est essentiel.

Je n’ai jamais cru qu’un maire devait être la personne la plus importante dans la pièce. Au contraire. Mon travail consiste notamment à m’entourer de gens compétents, à leur donner les moyens de travailler, à écouter, à poser les bonnes questions et, ultimement, à participer à la prise de décisions.

Un chef d’orchestre.

Les résultats obtenus à Saint-Augustin-de-Desmaures au cours de la dernière décennie sont ceux d’une organisation.

Et cette organisation fonctionne. Très bien.

C’est cette même organisation qui envisage le présent projet. Pas moi seul.

Revenons donc à ce projet de transport collectif.

Les questions soulevées à gauche et à droite depuis quelques jours sont légitimes. Les critiques aussi. Mais après avoir lu et entendu beaucoup de propos, très souvent émotifs, je crois utile de faire quelques mises au point et de rectifier certains faits.

Notre démarche est beaucoup plus simple que certains tentent de la présenter.

Nous payons plus de 9 millions de dollars par année pour le RTC. Pour une ville d’environ 21 000 habitants.

Le service reçu est médiocre et simplement pas à la hauteur. La fréquence est insuffisante. Les temps de parcours sont peu attractifs. Notre territoire ne compte que quatre abribus, nombre qui, de surcroît, ne cesse de diminuer.

Les Augustinois eux-mêmes portent un jugement plutôt sévère sur la situation. Selon notre récent sondage Léger (avril 2026), 96 % des citoyens se disent satisfaits ou très satisfaits des services municipaux dans leur ensemble. Pour le transport collectif, ce score chute drastiquement à 67 %.

À Saint-Augustin-de-Desmaures, 67 % de gens satisfaits d’un service, ce n’est pas notre standard.

C’est carrément pourri.

Le problème est donc facile à poser : nous payons très cher pour un service qui répond mal aux besoins de notre population.

Que fait-on lorsqu’on constate un problème?

En ingénierie, mon domaine :

  • On définit le problème.
  • On analyse.
  • On cherche une solution.
  • On chiffre.
  • On valide.
  • Si ça fonctionne, on agit. Autrement, poubelle. Fin.

Problème? Solution.

Aucune émotion là-dedans.

Des faits. Des données. Des résultats.

Depuis quelques jours, on m’expose plutôt, de façon parfois paniquée, toutes les raisons pour lesquelles ce serait compliqué, voire impossible.

  • Notre territoire est grand.
  • Il faudra modifier la loi.
  • Il faudra organiser le service.
  • Il faudra penser aux correspondances.
  • Il faudra prévoir la perception.
  • Il faudra régler les systèmes informatiques.
  • Il faudra déterminer qui exploitera les véhicules.
  • Il faudra possiblement s’entendre avec le RTC pour les citoyens qui poursuivront leur déplacement vers Québec.

Ben oui. Évidemment. On le sait et on le savait.

Mais ce ne sont pas des raisons pour lesquelles un projet ne peut pas fonctionner. Ce sont des paramètres à considérer pour le concevoir.

C’est précisément pour cela qu’on analyse un projet et qu’on attache tout avant de le réaliser.

À Saint-Augustin-de-Desmaures, je précise.

D’autres fonctionnent différemment. Ça leur appartient. Très peu pour moi.

La première question à se poser est fondamentale et simple : est-il possible, avec plus de 9 millions de dollars par année, d’offrir aux citoyens de Saint-Augustin-de-Desmaures un meilleur service de transport collectif que l’actuel?

Nous croyons très sérieusement que oui.

Nous avons déjà effectué des estimations budgétaires préliminaires. Elles nous indiquent que la démarche est réaliste.

Si les chiffres nous avaient indiqué qu’il fallait dépenser 15 millions de dollars pour remplacer un service qui nous en coûte 9, le dossier aurait été assez vite mis de côté.

Ce n’est pas ce qu’ils indiquent. Nous allons donc poursuivre sur cette voie.

Et la gratuité? Parlons-en.

À peine avions-nous évoqué un réseau autonome qu’au RTC on brandissait déjà le spectre de la double facturation.

« Un citoyen devrait payer son nouveau service à Saint-Augustin, puis payer une deuxième fois pour utiliser le RTC à Québec. Ça coûterait ben cher. »

Pardon? Un instant.

Pourquoi présumer que notre citoyen devra payer son service local? Ou, dit autrement : de quoi on se mêle?

Parmi les scénarios que nous entendons sérieusement étudier figure celui d’offrir gratuitement notre futur service local de transport collectif aux résidents de Saint-Augustin-de-Desmaures.

Pas comme slogan.

Pas comme promesse électorale.

Pas parce que la gratuité serait une fin en soi.

Parce que ça pourrait être efficient.

Si nous récupérons les sommes que nous versons actuellement au RTC et qu’un meilleur service peut être organisé pour moins cher, il serait parfaitement rationnel d’examiner si une partie de cette marge peut servir à éliminer la tarification locale.

C’est exactement ce que nous allons chiffrer.

Et si la gratuité complète n’est finalement pas possible, une chose demeure : les utilisateurs actuels doivent gagner au change, tant sur le plan du service que financièrement.

Notre objectif n’est certainement pas de leur faire payer davantage. Ça serait stupide.

Et clarifions une chose : il ne sera pas davantage question de jouer à la taxite sur l’essence, l’immatriculation, le lait ou la couleur de vos cheveux pour financer le transport collectif.

On se débrouille avec ce qu’on a tant qu’on le peut. Et on n’écoeure pas les gens.

Cela dit, pourquoi croyons-nous être capables de faire mieux que le RTC?

Certainement pas parce que je rêve d’un réseau d’autobus local. Je ne suis pas particulièrement porté sur les rêves municipaux. On y reviendra.

Je préfère les faits, les données et surtout les résultats.

Il y a onze ans, Saint-Augustin-de-Desmaures traînait une dette de quelque 120 millions de dollars.

Nous avons dit que nous allions régler le problème. Les Augustinois nous ont fait confiance.

En 2027, cette dette sera éliminée. Totalement.

Nous avons réduit les taxes de 8 % en 2022 et elles sont gelées depuis.

La satisfaction envers les services municipaux atteint 96 %.

Et lorsqu’on demande aux citoyens s’ils sont satisfaits du déneigement, le résultat est oui pour 99 % des répondants.

Oui, oui, un taux de satisfaction de 99 %.

Pourquoi et comment on obtient un tel résultat?

Parce que notre rôle est de déneiger, alors on déneige.

On ne passe pas notre temps à expliquer aux citoyens à quel point la neige est complexe, que la glace présente cette année des caractéristiques particulières à cause d’El Niño ou de La Niña, que les précipitations varient et surviennent davantage la fin de semaine, que les équipements ont leurs limites, qu’il existe toutes sortes de modèles ailleurs sur la planète, que l’an prochain on va revoir notre politique de déneigement pour que ça aille moins mal d’ici 2035 ou que plusieurs systèmes doivent communiquer entre eux et que le niveau de complexité est proportionnel à leur interconnectivité et aux contraintes du système, alors que pendant ce temps, la neige tombée il y a une semaine est encore là, même pas grattée à plusieurs endroits.

Non.

Pas à Saint-Augustin-de-Desmaures.

Il neige? On déneige.

Vite, bien, sur-le-champ.

Jour, nuit, soir, semaine ou fin de semaine, congé ou non.

Pas de philosophie, de posture, de discours ou d’approche novatrice découverte en mission à l’étranger.

Pas de tataouinage sur le nombre de centimètres qui doivent tomber avant de bouger.

Il neige, on sort les grattes, les souffleurs, les chenillettes et le reste, pis on déneige. Là.

Verglas? On sale. On sable. Vite.

Le printemps approche? On ne range pas la machinerie. On redouble d’ardeur. On arrache la glace pour pouvoir commencer le balayage des rues sans délai.

Puis passer au lignage et au marquage.

Et on commence à préparer la machinerie. Pour l’hiver qui s’en vient.

Conséquence : 99 % des gens sont satisfaits ou très satisfaits.

Parce qu’on fait ce qu’on a à faire au lieu de participer à des tables de réflexion sur ce que sera le déneigement dans le futur ou à des colloques sur la façon de moins déneiger en se faisant croire que c’est pour sauver la planète.

C’est notamment pour ça que nous croyons être capables de faire mieux que le RTC.

Notre approche. Dans tout. Toujours. Ça fonctionne.

Évidemment, organiser un service de transport collectif est différent du déneigement.

Cette fois, il ne s’agit pas de déplacer de la neige, mais des gens.

Mais la mécanique de gestion demeure étonnamment semblable.

  • Déterminer le besoin.
  • Définir le niveau de service attendu.
  • Analyser les contraintes.
  • Organiser les ressources.
  • Simplifier les opérations.
  • Budgéter.
  • Exécuter.
  • Constater les résultats.
  • Corriger au besoin.

Prioriser, analyser, simplifier et agir.

Dans l’ordre. Avec des chiffres. Pas des impressions, des convictions ou de grandes philosophies.

La base.

On nous dit par ailleurs que le RTC possède une expertise que nous n’avons pas.

Certainement.

Mais l’expertise n’est pas une fin en soi. Elle doit produire des résultats.

En 2024, le gouvernement du Québec a mandaté Raymond Chabot Grant Thornton pour évaluer la performance des dix principales sociétés de transport du Québec. Le RTC s’est classé 9e sur 10 pour sa performance financière. Expertise?

Selon ce rapport indépendant, l’exploitation d’un autobus du RTC coûte 229 $ l’heure, contre 207 $ à la STM et 175 $ à Lévis. Le rapport fait également état d’un taux de 43 % d’autobus immobilisés pour entretien ou en attente d’opération.

Je ne présente pas ces chiffres pour dénigrer qui que ce soit.

Quoique…

Je les présente surtout parce que ce sont des chiffres. Des données. Factuelles.

Et quand une organisation à laquelle nos citoyens versent plus de 9 millions de dollars chaque année affiche de tels résultats, le conseil municipal a non seulement le droit de poser des questions : il en a le devoir. A fortiori quand cette somme croît sans cesse : 50 % d’augmentation depuis 2023! Et le service? Deux abribus de moins…

Bref, si, comme ils l’affirment, c’est le mieux que le RTC peut faire, raison de plus pour changer, et vite.

On ne sait pas comment on va se passer de tant d’expertise, mais on va essayer.

Le garage Newton constitue d’ailleurs un exemple assez spectaculaire de ce qui me préoccupe dans la façon de gérer au RTC.

Un autre exemple d’expertise dont on se passera aisément et sans regret.

Un projet évalué initialement à près de 200 millions de dollars. Le coût projeté a par la suite atteint 647 millions de dollars. Une augmentation de plus de 220 %. Manifestement, l’expertise en estimation est à parfaire.

Un projet dont la mise en œuvre a débuté avant que toutes les conditions essentielles soient sécurisées, notamment les orientations gouvernementales nécessaires à sa réalisation.

Et ce qui devait arriver arriva.

Le projet a finalement été interrompu par le gouvernement alors que près de 100 millions de dollars avaient déjà été dépensés ou engagés.

Des ouvrages de fondation déjà réalisés ont ensuite été remblayés. Littéralement. Enterrés.

Après avoir dépensé ou engagé près de 100 M$ dans le projet.

C’est exactement l’inverse de ma conception de la gestion responsable. Quant à l’expertise… Comment dire…

Analyse. Validation. Action. Dans cet ordre. Toujours. Jamais l’inverse.

Autre sujet d’excitation la semaine dernière : de prétendues chicanes politiques.

Pour ma part, il n’y en a pas. On m’a demandé de réagir aux commentaires négatifs et critiques du maire de L’Ancienne-Lorette concernant notre projet et moi-même.

Je n’ai aucune émotion à l’égard des propos du maire de L’Ancienne-Lorette.

S’il est satisfait du RTC pour ses citoyens et des coûts associés, actuels et à venir, tant mieux. C’est sa ville, pas la mienne. Ses citoyens, pas les Augustinois.

Saint-Augustin-de-Desmaures m’importe. Je ne prends pas mes décisions en fonction des émotions de mes homologues et de leurs priorités.

Ce qui compte, ce sont les idées, les faits, les données et les résultats. Point.

Cela dit, simplement pour rappel, en juin 2025, le quotidien Le Soleil rapportait ces propos du maire de L’Ancienne-Lorette à mon sujet :

« S’il veut se départir du service du RTC et que ça ne lui convient pas, je vais l’aider. Qu’il débarque, qu’il enlève le RTC à Saint-Augustin, il s’organisera. S’il dit que c’est trop cher, c’est qu’il pense qu’il peut avoir moins cher ailleurs. »

C’est précisément ce que nous proposons maintenant d’étudier.

Il devrait donc être content, mais ne l’est pas.

Ben coudonc.

Il est d’ailleurs à noter que nous ne demandons absolument rien aux maires des autres villes de l’agglomération de Québec, ni au RTC et à son nouveau président. Ça aussi semble commander une mise au point.

La situation actuelle découle de la loi. C’est donc au gouvernement du Québec que revient la décision de modifier le cadre législatif pour permettre éventuellement à Saint-Augustin-de-Desmaures de se retirer du RTC.

C’est pourquoi notre conseil municipal s’adresse actuellement aux candidats et aux partis politiques qui sollicitent la confiance des Québécois. À personne d’autre.

La première décision n’est pas de déterminer aujourd’hui la marque des autobus, leur couleur, le système informatique utilisé ou l’emplacement de chaque arrêt.

La première décision consiste à nous donner la possibilité d’étudier sérieusement une autre façon de faire et, si les chiffres fonctionnent, de la mettre en œuvre.

Ensuite, nous ferons ce que nous faisons normalement.

  • Nous analyserons.
  • Nous chiffrerons.
  • Nous comparerons.
  • Nous sécuriserons les aspects juridiques, financiers, opérationnels et politiques.
  • Et seulement ensuite, le cas échéant, nous agirons.

Notre objectif demeure d’amorcer les discussions formelles et les analyses en 2027 afin qu’un nouveau modèle puisse éventuellement être mis en place en 2028.

Alors les nerfs.

On n’a rien demandé à qui que ce soit, sauf aux partis et aux candidats actuellement en campagne.

Je suis allé en politique pour régler des problèmes. Pas pour expliquer éternellement pourquoi ils sont impossibles à régler. Je laisse ça à d’autres. Certains sont excellents à ce jeu.

Lorsque je suis arrivé à la mairie, les finances de Saint-Augustin-de-Desmaures constituaient un problème majeur.

Avec le conseil et notre administration, nous l’avons réglé.

Nous avions une dette énorme.

Nous l’avons réglée.

Nous voulions améliorer les services tout en contrôlant les coûts.

Nous l’avons fait.

Nous voulions réduire la pression fiscale.

Nous l’avons fait.

Aujourd’hui, nous avons un problème de transport collectif.

Même approche. On veut le régler.

Peut-être qu’au terme des analyses, certaines de nos hypothèses devront être modifiées. C’est précisément à cela que servent les analyses.

Je n’ai aucun attachement émotif à un autobus, à une structure administrative ou à un modèle particulier.

Je veux un résultat.

Un meilleur service.

Un service plus attractif.

Un coût inférieur ou, à tout le moins, mieux maîtrisé.

Aucune détérioration de la situation financière des utilisateurs actuels.

Et, si les chiffres le permettent, un service local gratuit pour nos résidents.

Voilà le projet.

Pas davantage, pas moins.

On peut évidemment continuer à nous expliquer pourquoi tout cela est très compliqué, voire impossible.

Nous préférons chercher comment le faire. C’est une approche d’ingénierie.

Peut-être plate, mais furieusement efficace.

Ça m’amène à quelque chose de plus fondamental, pour terminer.

On entend constamment parler de rêver la ville de demain.

C’est joli. Mais un peu insignifiant.

Il faut gérer la ville d’aujourd’hui. Pas rêver celle de demain.

Gérer, pas rêver.

Aujourd’hui, pas demain.

  • Réparer les routes.
  • Entretenir les infrastructures.
  • Ramasser les ordures.
  • Distribuer l’eau potable et collecter les eaux usées.
  • Déneiger les rues.
  • Entretenir les parcs.
  • Gérer correctement les finances.
  • Offrir de bons services.
  • Et, oui, assurer un transport collectif digne de ce nom.

La base.

Parce qu’une municipalité n’a pas à rêver à la place de ses citoyens. Son rôle est de leur fournir une ville qui fonctionne, des services qui répondent à leurs besoins et des finances suffisamment solides pour ne pas hypothéquer leur avenir.

Bien gérer la ville d’aujourd’hui pour permettre aux citoyens, eux, de rêver demain.

C’est moins spectaculaire, moins glamour, moins glorifiant, certes.

Mais je m’en sacre.

C’est mon rôle, mon travail, ma responsabilité.

Et avec les membres du conseil, notre administration et les gens compétents dont nous avons su nous entourer, c’est exactement ce que nous allons continuer de faire.

La base.

Sylvain Juneau
Maire de la Ville de Saint-Augustin-de-Desmaures »