Le projet d’agrandissement du garage municipal et de réaménagement de l’hôtel de ville n’échappe pas à la hausse généralisée des prix

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Vendredi dernier, l’administration a procédé à l’ouverture des soumissions du projet d’agrandissement du garage municipal et de réaménagement de l’hôtel de ville (HDV). Le plus bas soumissionnaire est à 19,2 M$ (taxes incluses), alors que l’évaluation faite en conception était à 13,6 M$. C’est donc un montant 40% plus élevé qu’il faudra débourser.

«C’est fulgurant les hausses. On le voit partout. Tous les projets d’infrastructures sont plus chers. Il y a l’inflation, la disponibilité de la main-d’œuvre, les matériaux, etc.», affirmait le maire M. Sylvain Juneau en entrevue au Journal de Québec.

Malgré le contexte inflationniste, les membres du conseil ont l’intention d’octroyer le contrat. À court/moyen terme, les prix vont encore augmenter et les problèmes de main d’oeuvre ne sont pas près de se résoudre, surtout avec tous les grands projets d’infrastructures prévus dans la région, pour ne nommer que celui du tramway.

Le complexe municipal, c’est le centre névralgique des décisions et des opérations. Le garage municipal et l’hôtel de ville ont été construits il y a 43 ans (en 1979). À cette époque, la population était d’un peu plus de 3000 habitants. Aujourd’hui, nous sommes 20000 résidents et nous avons un parc industriel qui emploie des milliers de personnes. Suivant ce rythme de croissance de la population, les besoins ont augmenté (nouveaux quartiers, bâtiments, services, routes), les normes ont évolué (santé et sécurité, protection incendie, matières dangereuses, RBQ) et les environnements de travail se sont transformés (conditions, nouvelles méthodes et technologies, télétravail, conciliation travail-famille).

La mise à niveau des bâtiments est nécessaire pour maintenir/améliorer la qualité et la fiabilité des services.

Grâce à notre épargne collective, nous avons la marge de manoeuvre pour absorber ce choc tarifaire, sans emprunter, en payant comptant, tout en «gardant le cap» sur nos objectifs de gel de taxes et de remboursement complet de la dette. Nous travaillerons quand même avec nos partenaires des autres paliers de gouvernements pour tenter de diminuer la facture. À noter que nous avons déjà obtenu près de 4,1 M$ en subvention et qu’il y a de bonnes chances de réussir à augmenter ce montant.

Nous avons récemment complété la construction du centre communautaire dans le secteur est de la ville. C’est un projet de près de 10 M$ qui a été mené d’une main de maître par notre administration, sans dépassement de coût et selon les échéanciers. Fort de cette expérience, j’ai bon espoir que nous saurons appliquer la même rigueur de gestion dans ce projet.

Rectification des faits

«Le réfection du CJMR était potentiellement admissible à une subvention dans le cadre du programme RÉCIM»

Non !

  1. Le programme n’existait pas lorsque la décision a été prise de démolir et reconstruire un nouveau complexe communautaire. Seulement pour la mise aux normes de la RBQ et les travaux urgents à faire au CJMR, le montant du nouveau projet de 3,8 millions$ aurait été largement dépassé;
  2. Si le programme avait existé, il aurait fallu payer la différence entre la subvention et les coûts de rénovation restants évalués à 25 millions$ en 2017. Or, la subvention est plafonnée à 5 millions $. Donc le coût aurait été d’au moins 20 millions $ pour les contribuables augustinois, alors que le projet actuel ne coûtera que 3,8 millions$;
  3. Les 3,2 millions$ économisés permettront de rembourser la dette, d’atteindre notre objectif plus rapidement et revenir à un compte de taxes normal plus tôt;
  4. À noter que la dette actuelle du CJMR est toujours d’environ 8 millions$.

Non-conformités constatées à la Maison Thibault-Soulard

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Crédit photo: Répertoire du patrimoine culturel du Québec

En 2009, la Ville de Saint-Augustin-de-Desmaures a fait l’acquisition de la résidence Thibault-Soulard. Elle relocalise le bâtiment au centre du village et effectue des travaux de «restauration».

Malgré une opposition significative des citoyens, le conseil municipal de l’époque est quand même allé de l’avant.

Et la facture est salée…
Les coûts du projet ont largement dépassé le budget initial et ont atteint 1.5 millions$.

Planification?  Gestion? Suivi?

«Ce lieu était destiné à devenir un lieu de rencontre au rez-de-chaussée et un lieu d’exposition dans les combles de la maison.»

Suite à la fermeture du Centre Communautaire Jean-Marie-Roy, lors de l’exercice de relocalisation des organismes, l’analyse de nos espaces disponibles a mis en évidence certaines irrégularités de la maison rénovée devenue publique.

L’absence d’issue de secours au sous-sol et à l’étage a contraint le Conseil à interdire l’accès et l’utilisation de ces 2 espaces. Seul le RC, soit le tiers de l’édifice, est actuellement occupé par la Société d’histoire.

De plus, la détérioration prématurée de la galerie avant a été observée.

Un entrepreneur en construction a estimé les corrections requises à 120 000$.

Il y a quelques mois, c’était 282 000$ qu’il fallait dépenser pour acheter 17 cases de stationnement tel qu’entendu il y a 3 ans.

«Tout ceci est navrant et choquant!»

Ce soir, en séance, le Conseil a mandaté ses procureurs afin «qu’ils entament les démarches en vue d’obtenir compensation pour corriger les non-conformités au code du bâtiment constatées dans la maison et pour lesquelles la responsabilité de l’architecte au dossier pourrait être engagée.»

Articles sur la démolition annoncée du CCJMR

(Crédit Photo: L’appel et Le Devoir)

Quelques articles ont été publiés ces derniers jours à propos de la démolition annoncée du Centre Communautaire Jean-Marie-Roy.

Les auteurs de ces articles ont un ton accusateur :
« La ville de Saint-Augustin-de-Desmaures, de par son nouveau conseil, serait destructrice du patrimoine et de l’œuvre architecturale de Jean-Marie-Roy. »

D’abord, je respecte le travail important accompli par M. Jean-Marie Roy.  Il était un architecte reconnu par ses pairs, « ses productions sont qualifiées d’avant-gardistes et il a reçu à peu près tous les honneurs dans son domaine.

Le catalogue de M. Roy compte des dizaines et des dizaines d’édifices.  Il a construit pour des écoles, des centres de recherche, des centres médicaux, des immeubles à bureaux, des concessionnaires automobiles, des caisses populaires, des hauts lieux de la finance, des couvents, des presbytères et des églises, toute une gamme de bâtiments religieux.

Les travaux de M. Roy sur les campus intercommunautaires de Saint-Augustin auraient permis à asseoir sa renommée au milieu des années 1960.  À l’époque, il a donné une cohérence à un ensemble de 20 bâtiments en les intégrant dans le paysage, en imposant des toits plats, l’utilisation du béton blanc et les bâtiments sur pilotis. »  (Source: Le Devoir)

Ces dernières années, le secteur des campus intercommunautaires a subi des transformations majeures.  En particulier sur les rues Lionel-Groulx et Saint-Félix.  Plusieurs bâtiments faisant partie de cet ensemble ont été démolis et des promoteurs privés ont construit des tours d’habitation.

À l’ère Corriveau, les levées de bouclier ont été plutôt timides.  Aujourd’hui, lorsque l’on s’apprête à démolir un bâtiment qui a été négligé par les ex-propriétaires et ensuite par l’ancien conseil, voilà que des voix s’élèvent jusqu’à me comparer à un terroriste détruisant le patrimoine de l’Unesco.  Ceci est très malhonnête.

Il faut rappeler que l’œuvre de Jean-Marie Roy et le patrimoine de SAD sont déjà en partie préservés par l’institution privée qu’est le CNDF qui est maintenant protégé, d’autant plus que la vocation initiale des bâtiments, l’enseignement, ne se trouve pas altérée.

En 2009, la Ville de Saint-Augustin-de-Desmaures a acquis le bâtiment du centre communautaire Jean-Marie-Roy (CCJMR):

  • Sans rapport d’inspection sur son état réel;
  • Sans étude de coûts de transformation de vocation;
  • Sans aucune analyse des besoins;
  • Sans connaître les coûts d’opération;
  • Sans plan d’urbanisme.

En 2009, le coût d’acquisition du bâtiment et du terrain était de 3,4 M$.  Des travaux de mise à niveau et de conversion intérieure du bâtiment ont été ensuite réalisés (sous-sol et au rez-de-chaussée) entre 2009 et 2015 et ont déjà nécessité des déboursés de 15 M$.

Maintenant, pour compléter les travaux amorcés, selon les plus récentes expertises d’architectes externes, il en coûterait plus de 25 M$, car voici l’état actuel du bâtiment :

  • Des corrections immédiates de 1,2M$ sont requises pour répondre à une vingtaine de non-conformités relevée par la régie du bâtiment du Québec;
  • La salle de spectacle rénovée à grands frais est fermée due à la possibilité d’exposition à des particules d’amiante non-sécurisées;
  • Le toit n’est pas étanche et doit être refait complètement dû au double toit qui ne rencontre pas les normes;
  • L’isolation est inadéquate et l’usage de nouveaux matériaux éco énergétiques seront requis;
  • Tous les panneaux de fibro-ciments blancs des murs extérieurs sont à changer et leur concept de support en porte à faux datant de la construction est à repenser.  Les barres plates en acier qui retiennent ces panneaux sont corrodées et les panneaux risquent de tomber;
  • Les fenêtres sont toutes à changer;
  • La structure est à mettre aux normes sismiques d’aujourd’hui;
  • L’amiante et d’autres matières dangereuses (ex. plomb dans la peinture) doivent être enlevées et détruites;
  • Les locaux inutilisés de deux étages complets sont à mettre à terre, à reconfigurer, à réaménager, selon des besoins inconnus ou inexistants et tout l’électricité, le chauffage, la plomberie, la ventilation, les gicleurs, etc. de ceux-ci est à faire.

Que reste-t-il de patrimoniale une fois tous ces travaux effectués?

Selon une firme comptable reconnue, le maintien des opérations (frais de fonctionnement) du CCJMR impliquerait des déboursés de plus de 60 M$ sur 20 ans.

La Ville de Saint-Augustin-de-Desmaures, et ses citoyens, n’ont pas cette capacité financière.

Saint-Augustin-de-Desmaures est au prise avec une dette de 104 M$.  Son taux d’endettement est de 305%.  En 2018, c’est près du tiers du budget de proximité qui est affecté au service de la dette (en paiements sur les emprunts – capital et intérêts).  Les taux de taxation de Saint-Augustin-de-Desmaures sont les plus élevés de la région de Québec. Dû à un mécanisme de calcul de la quote-part d’agglomération inéquitable, notre développement est contraint.

Depuis le 5 novembre dernier, une nouvelle gouvernance est en place à Saint-Augustin-de-Desmaures.  Le dossier du CCJMR a été mainte fois débattu.

L’inconscience politique des 10 dernières années fait maintenant place à une prise en main collective. Les Augustinois ont clairement exprimé leurs attentes envers leurs élus. La Ville doit répondre à ses obligations en prenant des décisions réfléchies, centrées sur les besoins des citoyens et tournées vers l’avenir.  Les récentes décisions de démolir le CCJMR et de maintenir des infrastructures dans le secteur est de la ville vont en ce sens.

Yannick LeBrasseur
Conseiller municipal du district 3 de Saint-Augustin-de-Desmaures