Frais juridiques liés au litige avec l’agglomération : Un texte de notre maire, Sylvain Juneau, qui mérite d’être lu jusqu’au bout

Au cœur du sujet : les frais juridiques engagés dans le litige avec l’agglomération et l’idée, répétée depuis des années, que Saint-Augustin-de-Desmaures aurait bénéficié des démarches de L’Ancienne-Lorette sans assumer sa part des coûts.

Au-delà des perceptions et des tensions qui peuvent exister, je crois qu’il est important de revenir aux faits. Dans ce dossier, Émile Loranger avait lui-même pris soin, en 2020, de clarifier publiquement la situation concernant les frais juridiques et Saint-Augustin-de-Desmaures.

Je vous invite simplement à lire, à écouter ses propos et à vous faire votre propre opinion. La transparence et les faits demeurent toujours la meilleure façon de rétablir les choses.


Texte de Sylvain Juneau, Maire de la Ville de Saint-Augustin-de-Desmaures

« On peut tromper une partie du peuple tout le temps et tout le peuple une partie du temps, mais on ne peut pas tromper tout le peuple tout le temps. » — Abraham Lincoln

Mes récentes publications concernant la mobilité dans la grande région ont suscité des réactions particulièrement vives et amères chez certains citoyens de l’autre ville liée de l’agglomération. Certains commentaires sont négatifs, voire agressifs, à l’endroit de Saint-Augustin-de-Desmaures et de son maire.

Sans les cautionner, on peut les comprendre.

Depuis des années, on leur répète que Saint-Augustin-de-Desmaures aurait profité des recours judiciaires contre la Ville de Québec sans assumer sa part des coûts. Qu’ils auraient payé pour nous. Que nous aurions récolté des dizaines de millions de dollars grâce à leurs démarches, sans en assumer la facture.

On est même allé jusqu’à qualifier publiquement le maire de Saint-Augustin-de-Desmaures de « passager clandestin », laissant entendre que nous récoltions continuellement les bénéfices d’un combat financé par les autres.

Comment s’étonner ensuite que certains citoyens éprouvent de la rancœur envers Saint-Augustin-de-Desmaures?

On la leur a nourrie.

À force d’être répété, un tel récit, même faux, finit par s’installer.

Les Augustinois connaissent trop bien cette mécanique.

Avant mon arrivée à la mairie, il y a plus de dix ans, le clan Corriveau leur répétait inlassablement que les graves problèmes financiers de Saint-Augustin-de-Desmaures étaient entièrement attribuables à l’agglomération et à la Ville de Québec.

La méchante agglomération expliquait tout.

La faute à l’agglo.

C’était simple. C’était commode. Et surtout, cela évitait de regarder chez nous.

En 2015, lorsque nous avons ouvert les livres, analysé les finances et entrepris le redressement financier et administratif de la Ville, les faits ont progressivement raconté une tout autre histoire. À ma demande, le MAMH a enquêté. Il en est ressorti, en 2018, un rapport accablant.

Les Augustinois ont alors découvert qu’ils avaient été bernés par leurs élus.

Problèmes d’agglomération, certes. Mais surtout et principalement des problèmes internes : manque d’intégrité, fling-flangs, non-respect des règles et de la loi, mauvaises pratiques.

Les élus leur avaient menti. Et pas qu’un peu.

Je ne peux conséquemment tenir rigueur aux citoyens de la ville liée voisine qui ont cru, et croient toujours, ce qu’on leur a martelé au cours des dernières années. Les Augustinois ont eux-mêmes été nombreux à croire pendant des années le récit que le clan Corriveau leur présentait.

Moi inclus, avant 2015.

Les citoyens doivent pouvoir présumer que l’information qui leur est transmise par ceux qui les représentent et les gouvernent est complète et exacte.

C’est la moindre des choses.

Et c’est précisément là que se trouve le problème dont il est ici question.

Dans le dossier des frais judiciaires liés au litige avec l’agglomération, ce qu’on raconte depuis des années au sujet de Saint-Augustin-de-Desmaures ne correspond tout simplement pas aux faits.

Et plutôt que de vous demander de me croire, je vais laisser parler quelqu’un qui, les faits, les connaissait intimement.

Émile Loranger.

Il a été maire de L’Ancienne-Lorette pendant 37 ans. Il était au cœur de cette bataille depuis ses origines et connaissait ce dossier probablement mieux que quiconque.

Nous avons eu nos différends, M. Loranger et moi. Nombreux. C’est connu.

Cela dit, je lui reconnaissais et lui reconnais toujours certaines qualités fondamentales et essentielles chez un politicien. Trente-sept années consacrées à sa ville, élu mandat après mandat, ça parle.

On ne s’inscrit pas ainsi dans la durée en mentant à ses citoyens.

Émile Loranger disait ce qu’il pensait, pensait ce qu’il disait et avait les couilles de corriger le tir publiquement lorsqu’il jugeait s’être trompé.

Avec lui, pas de tartufferie comme on en voit chez nombre de politiciens en poste pour les mauvaises raisons.

Fin février 2020, nous avons eu une longue discussion, notamment au sujet de ce dossier et, plus particulièrement, de ce qui se disait alors concernant Saint-Augustin-de-Desmaures et sa responsabilité financière dans le litige. Notamment au sein de son conseil et dans les déclarations publiques d’un conseiller indépendant de l’époque.

Une discussion franche et claire, comme nous savions en avoir.

Un interlocuteur valable, droit et… aussi entêté que moi!

Je lui ai expressément demandé de donner l’heure juste à ses citoyens et de corriger les faussetés répandues, notamment, par l’un de ses conseillers.

L’indépendant de l’époque, qui a aujourd’hui pris du galon chez nos voisins.

Peu de temps après, en mars 2020, Émile Loranger a enregistré la vidéo que je republie aujourd’hui, destinée à ses citoyens, comme il en a fait de nombreuses.

Quelques semaines plus tard, en avril, il décédait.

Cette capsule constitue donc l’une de ses dernières prises de parole publiques sur un dossier qu’il avait porté pendant des années.

Ce qu’il y explique est limpide.

Il clarifie la situation et on comprend d’où et de qui vient l’esbroufe perpétuée depuis.

Si Émile Loranger était toujours des nôtres, il aurait réglé ça rapidement.

La vie en a décidé autrement.

Dans la vidéo, il explique qu’« un membre de son conseil » avait fait une proposition qu’il qualifie, avec une ironie difficile à manquer, de « brillante » : faire payer à Saint-Augustin-de-Desmaures une partie des dépenses engagées par L’Ancienne-Lorette.

Il reconnaît avoir initialement appuyé cette idée. Puis avoir pris le temps d’y réfléchir et de vérifier.

Et il a fait ce que tous les élus devraient être capables de faire : reconnaître publiquement une erreur.

Ses mots :
« Je vous avoue que je n’ai pas été très prudent. J’ai appuyé ça sans y réfléchir. »

Puis :
« Moi, ça ne me dérange pas d’admettre mes erreurs. J’ai fait une erreur cette fois-là et je ne corrigerai pas une erreur en faisant d’autres. Ça, c’est souvent le défaut qu’ont les politiciens. »

Sa conclusion concernant Saint-Augustin-de-Desmaures est tout aussi claire :
« Il n’y a pas lieu maintenant d’aller en réclamer quoi que ce soit à Saint-Augustin. »

Voilà les faits.

Que les faits.

Exposés par celui qui a dirigé la Ville voisine pendant 37 ans et dont on peut être certains qu’il maîtrisait totalement le dossier, qu’il n’était manipulé par personne et en était encore moins le laquais.

Saint-Augustin-de-Desmaures n’a jamais refusé de payer sa « juste part » à la ville voisine.

Cette prétendue part n’existait tout simplement pas.

Il n’y avait pas de facture commune. Chaque ville avait ses procureurs et prenait ses propres décisions.

Les dirigeants de la ville voisine ont choisi d’engager des dépenses considérables, voire astronomiques, dans la conduite de leurs recours. Saint-Augustin-de-Desmaures a choisi de contrôler les siennes et les a assumées.

Près de 1,3 M$ pour Saint-Augustin-de-Desmaures en frais juridiques pour un litige, c’est déjà ahurissant.

Près de 15 M$ en frais d’experts juridiques et comptables, selon les chiffres avancés publiquement par la Ville voisine?

J’ai mon opinion là-dessus.

Je vous laisse vous faire la vôtre…

Mais une chose ne relève pas de l’opinion : avoir choisi de dépenser près de douze fois plus que son voisin pour des honoraires divers ne crée aucune obligation pour ce voisin de payer une partie de votre facture.

Prenons un exemple tout simple.

Votre voisin doit régler un problème de drainage majeur sur sa propriété. Vous avez un problème semblable chez vous. Vous faites réaliser vos travaux pour 20 000 $, et cela suffit à régler le problème. Le voisin, lui, choisit, de son côté et sans vous consulter, une solution beaucoup plus élaborée qui lui coûte 240 000 $.

Son installation, par la force des choses, améliore aussi, indirectement, le drainage de votre terrain. Vous en « bénéficiez » donc.

Peut-il arriver chez vous, une fois les travaux terminés, et vous réclamer plus de la moitié des 240 000 $ dilapidés sous prétexte que vous en avez bénéficié? Évidemment que non.

Vous n’avez ni décidé de ses travaux, ni choisi ses entrepreneurs, ni négocié les prix, ni autorisé ses dépenses. Encore moins choisi le design de son installation surdimensionnée.

Son choix. Ses dépenses. Sa facture. Sa responsabilité.

On ne peut pas décider seul de ses dépenses et, après coup, transformer la facture en obligation pour les autres.

Pourtant, des années plus tard, on continue à présenter Saint-Augustin-de-Desmaures aux citoyens de la ville voisine comme une organisation qui aurait profité du travail et de l’argent des autres sans assumer ses responsabilités.

Déformer aujourd’hui les faits de ce dossier, c’est trahir ce qu’Émile Loranger avait lui-même pris soin de rectifier publiquement avant de nous quitter. C’est trahir sa mémoire.

Tenter de faire porter à ses voisins la responsabilité de dépenses qu’ils n’ont ni décidées ni autorisées (ce que nous n’aurions clairement pas fait), c’est trahir le devoir de rigueur qui accompagne la fonction d’élu.

Mais surtout, entretenir auprès de ses propres citoyens un récit qui ne résiste pas aux faits, c’est trahir quelque chose d’encore plus précieux : leur confiance.

Du « stuff » de Corriveau.

Je sais de quoi je parle.

J’ai hérité d’un pareil merdier il y a dix ans chez nous.

Ça lève le cœur.

Je ne reprocherai donc pas aux résidents de la ville voisine leur colère ou leur rancœur envers Saint-Augustin-de-Desmaures et son maire lorsqu’elles reposent sur ce qu’on leur a raconté. Ni même leurs commentaires, aussi virulents soient-ils et même lorsqu’ils n’ont à peu près aucun lien avec le sujet discuté — comme une simple proposition de remettre à l’étude le prolongement de l’autoroute 40.

Quand une colère est alimentée pendant des années par une histoire qu’on vous présente comme vraie, elle finit nécessairement par s’installer. Et lorsque personne ne vous donne les éléments permettant de savoir que cette histoire ne tient pas, vous n’avez aucune raison de remettre votre colère en question.

Elle n’en devient pas justifiée pour autant. Mais ceux qui l’éprouvent peuvent sincèrement croire qu’elle l’est.

Et lorsqu’on croit depuis des années avoir été lésé, floué ou avoir payé pour le voisin, on finit parfois par frapper sans trop regarder sur quoi on frappe. Même lorsqu’un sujet n’a pratiquement rien à voir avec ce qui nourrit cette rancœur.

C’est précisément pourquoi les faits comptent.

Je leur demande simplement aujourd’hui d’écouter.

Pas ma version.

Celle d’Émile Loranger.

Écoutez celui qui a dirigé votre Ville pendant 37 ans.

Écoutez ce qu’il avait lui-même choisi de rectifier et préciser publiquement.

Et faites-vous votre propre opinion.

Lien vers la vidéo intégrale d’Émile Loranger

Lien vers la transcription intégrale de l’audio de la vidéo

Les Augustinois connaissent cette mécanique. De la « bullshit ».

Il y a dix ans, on leur expliquait que tous nos problèmes venaient d’ailleurs. De Québec. De l’agglomération.

Puis nous avons ouvert les livres.

La suite est connue.

Je crois que ce qui est arrivé à nos voisins mérite de créer l’expression : Depuis le départ d’Émile Loranger, vous vous « faites passer un Corriveau ».

Une administration municipale se juge beaucoup moins à ce qu’elle raconte qu’à ce qu’elle laisse derrière elle : des décisions, des comptes et des résultats.

C’est exactement pour cette raison que le dossier que je viens d’exposer est préoccupant bien au-delà de la seule question des frais judiciaires et de l’esbroufe l’entourant.

Lorsqu’on découvre qu’un récit répété pendant des années ne résiste pas à l’examen des faits, il devient parfaitement légitime de s’interroger sur les autres. Voire de s’y intéresser de plus près.

Mais ce sera pour une autre fois.

Pour aujourd’hui, restons-en à ce qui est démontré ici.

Pendant des années, on a nourri chez certains l’idée que Saint-Augustin-de-Desmaures avait profité de leur argent sans assumer sa part.

C’était faux.

Émile Loranger l’avait lui-même rectifié publiquement en 2020.

Ses citoyens méritaient de le savoir.

Ils méritent encore de le savoir aujourd’hui.

« Le mensonge peut faire des années de route, la vérité finit par le rattraper en une journée. » — Proverbe africain, popularisé par Boucar Diouf.

Sylvain Juneau, Maire de la Ville de Saint-Augustin-de-Desmaures

Source: Page Facebook – Sylvain Juneau Candidat élu à la mairie VSAD

La Ville de Québec ira en appel du jugement Godbout

Labeaume l’a confirmé, la Ville de Québec portera le jugement Godbout en appel. Il faudra probablement quelques années avant de connaître la conclusion. Je ne suis pas juriste, mais je ne serai pas surpris de voir le tout se rendre jusqu’en cour suprême.

Sans intervention du gouvernement provincial, et pas sûr qu’à court terme il voudra se mettre la main dans le panier de crabes, on n’est pas prêt de voir la mécanique de calcul de la quote-part changer. On lance quand même l’appel aux partis présentement en campagne électorale. Il me semble que ce serait un bon engagement pour la capitale nationale.

On l’a répété à plusieurs reprises, la formule est basée sur la richesse foncière. La richesse foncière, c’est la capacité d’une ville à tirer des revenus en fonction de la valeur des immeubles sur son territoire (taxes).

L’Ancienne-Lorette a un intérêt certain à étirer la guerre, car l’entente de 2009 (signée par Labeaume, Loranger, Corriveau et scellée par Normandeau) est avantageuse pour elle, surtout si elle récupère les 18M$ accordés par le jugement.

L’entente de 2009 est bonne pour L’Ancienne-Lorette parce qu’il n’y a pas de développement possible sur son territoire. À moins de démolir et de reconstruire, il n’y a pas d’option pour L’Ancienne-Lorette. Le poids de sa richesse foncière diminue dans l’agglomération.

Cliquer sur l’image pour agrandir…

C’est tout le contraire pour Saint-Augustin-de-Desmaures. Nous avons des possibilités de développement extraordinaires, et ce dans toutes les sphères : industrielles, résidentielles, agricoles, parcs, forêts, nautique, etc.

Cliquer sur l’image pour agrandir…

Avec les conditions actuelles, nous sommes condamnés à payer plus. C’est ce que l’équipe Corriveau n’a pas compris ou n’a délibérément jamais voulu vous dire!

La quote-part de Saint-Augustin-de-Desmaures va continuer de grossir, car le poids de notre richesse foncière augmente année après année. L’Ancienne-Lorette va payer moins de quote-part, Saint-Augustin-de-Desmaures va payer plus.

Je ne supporte pas la «guerre» de Loranger. Son «combat» contre Labeaume est peut-être dans l’intérêt des citoyens de L’Ancienne-Lorette, s’il gagne les 18M$, mais pour Saint-Augustin-de-Desmaures, il y a beaucoup de nuances et j’ai de sérieuses réserves.

Voilà pourquoi le …

« On prend notre cash et ça va être correct ! »  du maire Juneau.

Les villes liées doivent devenir des partenaires d’affaires. Je crois en d’autres stratégies plus constructives. On ne peut accuser des gens d’être des voleurs et en même temps espérer que ces mêmes personnes veuillent nous aider.

En faisant perdurer la chicane et en ne considérant pas l’ensemble, nous avons perdu beaucoup plus que les 20M$ qui sont sur la table et ce n’est pas terminé… Évidemment, pour le moment, nous n’avons pas le choix de continuer à être partie prenante, ou intervenante, dans la poursuite.

Lorsque le maire Juneau, appuyé par le conseiller Raynald Brulotte, avait conclu une entente avec Labeaume, qui n’était peut-être pas parfaite, on disait non au 20M$ du jugement, je l’accorde, mais :

  • On réglait une fois pour toute le problème de la mécanique de calcul, car la quote-part était fixée à un montant de départ et indexée annuellement selon l’inflation;
  • On retrouvait une forme « d’indépendance » supplémentaire, car on pouvait se développer sans se soucier de recevoir des factures supplémentaires de la Ville de Québec;
  • Les déficits ou les dépenses supplémentaires de l’agglomération n’avaient pas d’impact sur notre quote-part;
  • Une nouvelle zone industrielle était intégrée au SAD et au PMAD… c’est 60M$ de profit potentiel sur 20 ans pour SAD;
  • Des ententes de collaboration allaient être conclues dans le but de réduire nos dépenses de proximité; Etc.

Au lieu de tout ceci, on va continuer à en arracher pendant un bout et à être contraint dans nos choix!

Par contre, je peux vous affirmer que le maire et les conseillers indépendants en place feront tout pour que notre Ville retrouve une bonne santé financière.

Citoyens, Continuez votre vigilance!

Yannick LeBrasseur, Conseiller municipal District 3